Projet Libra : la cryptomonnaie made in Facebook

Crypto-monnaie Facebook Libra

Tout le monde le sait désormais : Facebook est en passe de créer une nouvelle monnaie numérique. Le géant du web a dévoilé ses projets de cryptomonnaie tant attendus en annonçant le Projet Libra : une monnaie dédiée au monde du digital et aux utilisateurs du célèbre réseau social et de ses applications affiliées. Vous pourrez peut-être bientôt la dépenser pour jouer au blackjack en ligne. Mais cette nouvelle concurrente du Bitcoin a également ses détracteurs. Tour d’horizon sur le projet Libra.

Cryptomonnaie : définition d’une devise pas comme les autres

La cryptomonnaie est apparue dans notre vocabulaire au milieu de l’année 2010. C’est à cette époque que Bitcoin, la première monnaie numérique, a commencé à gagner du terrain.

Comme son nom l’indique, le terme cryptomonnaie est une combinaison des mots « crypto » et « monnaie ». Nous connaissons tous le terme « monnaie ». Celui de « crypto », en revanche, est généralement moins connu. Le mot crypto vient du fait que la plupart des cryptomonnaies utilisent les principes de la cryptographie pour la fabrication, les transferts, … La cryptographie est une branche de l’informatique qui s’occupe du cryptage, du décryptage, des mots de passe et de tout ce qui est secret et sécuritaire.

En termes simples, les cryptomonnaies sont des monnaies numériques décentralisées, qui reposent sur des principes cryptographiques pour la génération, la distribution et le transfert. Les utilisateurs se servent d’un processus appelé blockchain : ce sont eux qui interviennent sur ce livre de compte numérique et non des établissements comme des banques ou des organismes. Ainsi, la protection est assurée, la confidentialité garantie et le détournement quasi-impossible.

Les cryptomonnaies sont considérées comme de bons investissements, en particulier les devises stables comme le Bitcoin et l’Ethereum.

Le Projet Libra et le portefeuille numérique Calibra

Si le Projet Libra voit le jour, ses utilisateurs pourront acheter et partager la cryptomonnaie sur Messenger et Instagram, et la dépenser sur des sites comme Uber, Spotify et MasterCard.

Facebook n’a pas encore précisé quand la monnaie numérique sera accessible. Cependant, l’entreprise a laissé entendre que Libra sera d’abord disponible sur Messenger et WhatsApp courant 2020.

Le mastodonte des réseaux sociaux a également fait part de la création d’un portefeuille numérique : Calibra. Ce porte-monnaie numérique, non disponible au public avant quelques mois, sera un moyen de stockage sûr et fiable de Libra. Cette filiale exploitée par Facebook Libra contiendra une option de taille : l’affichage de la valeur de Libra dans la devise locale de l’utilisateur.

Facebook devient plus que des médias sociaux

Des partenaires d’envergure

Facebook a sollicité de nombreux partenaires pour la création de sa propre cryptomonnaie. Dans les 27 entreprises associées à celle de Mark Zuckerberg, on retrouve des spécialistes de la finance : Visa, PayPal et MasterCard ont ainsi épaulé le géant des réseaux sociaux, notamment dans le domaine de la sécurité. En tout, chaque entreprise partenaire a investi plus de 10 millions de dollars dans le Projet Libra. La fondation est toujours ouverte à ceux qui veulent l’intégrer et espère réunir à terme une centaine de partenaires.

Des détracteurs venant de tous les horizons

Le Projet Libra a quand même du mal à convaincre, notamment les politiques. Facebook a été auparavant accusé d’être défaillant au niveau de la protection des données personnelles de ses utilisateurs. Le projet Libra, qui a déjà suscité une vive opposition entre le Comité de la Chambre des États-Unis sur les services financiers et le Comité des banques du Sénat, est de plus en plus confronté à la résistance. Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a déclaré au comité de la Chambre qu’il « s’inquiétait beaucoup » du rôle de Facebook dans le financement de la protection de la vie privée, du blanchiment d’argent, de la protection des consommateurs et de la stabilité de la structure financière mondiale.

En France, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire est plutôt sceptique quant au lancement de la monnaie numérique Libra. Il estime que les conditions ne sont pas réunies pour la mise en place de la devise.

Facebook a déclaré qu’il n’envisageait pas d’offrir les services du portefeuille Calibra en Inde, où les autorités ont interdit aux banques de traiter les crypto-monnaies l’année dernière. Des rapports ont indiqué qu’une interdiction totale pourrait éventuellement être appliquée. Le secrétaire indien aux Affaires économiques, Subhash Garg, a déclaré que « la conception de la monnaie Facebook n’a pas été entièrement expliquée. Mais quoi que ce soit, ce serait une cryptomonnaie privée et ce n’est pas quelque chose avec laquelle nous sommes à l’aise ».