Nicholas Winton, le silence d’un héros

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Si vous utilisez quotidiennement votre navigateur Google, pour rechercher un casino online ou simplement faire une recherche Google, vous êtes probablement un amateur de Google Doodle et n’avez pas manqué de prendre un moment pour apprécier la célébration de Sir Nicholas Winton.

L’image publicisée par le réseau Google représente un jeune homme, agenouillé devant un wagon de train et offrant la bienvenue à plusieurs enfants. C’est cet épisode qui a donné le titre et une renommée non recherchée à Nicholas Winton. Et voici son histoire.

La découverte d’un héros

C’est en 1988 que la femme de Sir Nicholas Winton découvre un dossier rempli de photos accompagné d’une liste de noms d’enfants évacués de la Tchécoslovaquie. C’est après avoir partagé le dossier avec la femme du chef de presse Robert Maxxwell que l’histoire devient publique. Winton doit accepter le titre de héros même s’il ne croit pas avoir posé une action héroïque. Selon lui, il n’était pas en danger, donc il n’aurait pas agi en héros.

Mais la presse de même que la reine pensent autrement. Nicholas Winton est anobli par la reine Elisabeth en 2002, décoré par le président de la République tchèque Vaclav Havel et faut l’objet de plusieurs documentaires.

La nuit de cristal

Sir Nicholas Winton nous a quittés il y a quelques années à l’âge de 106 ans, le premier juillet 2015. Mais il laisse derrière lui un remarquable patrimoine et tout a commencé vers la fin de l’an 1938. Au jeune âge de 29 ans, Sir Nicholas Winton renonce à ses vacances de ski et s’embarque dans une aventure qui le guidera vers une vie d’action humanitaire.

Il décide de suivre son ami Martin Blake à Prague, un membre du cercle de la gauche et opposé au mouvement de l’Allemagne nazie.

C’est en profitant de loi britannique qui autorise l’immigration d’enfants de moins de 17 ans qu’il se met au travail pour rechercher des familles pouvant accueillir des centaines d’enfants juifs. Tout ce qui fut nécessaire était une caution déposée de 50 livres pour chaque enfant, et bien entendu d’un toit sécuritaire. Durant cette période d’instabilité politique, Winton, homme modeste, généreux et extrêmement déterminé, réussit à organiser le départ de huit trains, et part ce fait, réussi à épargner la vie de 669 jeunes enfants juifs.

Train

Une vie d’action humanitaire

Le neuvième train devant partir le 1er septembre 1939 ne partira jamais. Les deux cents enfants qui auraient dû quitter la gare meurent en déportation. C’est peut-être ce qui a poussé ce grand homme à rejoindre les rangs du Royal Air Force, pour combattre jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il cède son poste en 1954 avec l’honneur et la renaissance de capitaine d’aviation.

Après la guerre, il s’engage dans la Croix-Rouge, travaille pour l’IRO (International Refugee Organization) et l’IBRD (International Bank for Reconstruction and Development). Son dévouement pour la sécurité des enfants et des familles défavorisées suit son parcours professionnel pendant plusieurs années.

Opération Kindertransport

Un secret bien gardé, les enfants dont la vie a été sauvée seront à jamais reconnaissants pour les actions prises par Sir Nicholas Winton. Durant l’une des émissions télévisées visant à célébrer ses actions héroïques, Winton a la chance de rencontrer certains des rescapés. Un moment rempli d’émotions pour l’homme d’une soixantaine d’années, qui continue à minimiser son rôle dans cet incroyable geste de bonté.

Aujourd’hui, depuis le 1er septembre 2009, et pour aussi longtemps que la statue sera, Sir Nicholas Winton se tient, enfant dans ses bras dans la station de Hlavni Nádraži à Prague. De l’artiste sculpteur Flor Kent, elle fait partie d’une série de statues commémoratives publiques créées en parallèle avec le sculpteur Frank Meisler. Les sculptures d’enfants juifs adornent entre autres la station de Liverpool à Londres, et de Westbahnhof à Vienne.